Windsor: Pourquoi personne ne signe avec Danica Patrick?
mercredi 18 août 2010 - 15h29 - Antoine Le Gall.
Peter Windsor, le co-fondateur, avec Ken Anderson, de l'ancienne équipe mort-née USF1, ne comprend pas pourquoi les patrons des équipes de Formule 1 ne signent pas avec des pilotes américains.
Danica Patrick aux 500 miles de 2006...
Statistiquement, les pilotes américains furent nombreux à monter à bord d'une Formule 1. Depuis la création du championnat, 231 pilotes issus du pays de l'Oncle Sam ont roulé en Grand Prix, un nombre important en comparaison des 72 pilotes français, 161 pilotes britanniques, ou encore des 60 pilotes allemands.
Mais les pilotes américains ont généralement eu une carrière très courte en F1, avec seulement 454 Grands Prix, soit une moyenne inférieure de 2 Grands Prix par pilote, les pilotes français ayant fait 722 Grand Prix, 816 pour les britanniques, et 613 pour les allemands, soit en moyenne environ 10 Grands Prix par pilote français et allemand, et 5 par pilote d'outre-Manche.
Le dernier pilote américain en F1 fut Scott Speed, limogé par son équipe Toro Rosso au cours de sa deuxième saison, en 2007, avec pour remerciement un coup de point du directeur sportif de l'équipe, Frank Tost, après le Grand Prix d'Europe.
Depuis, aucun pilote américain n'est venu se placer sur les grilles de départ, ce que ne comprend pas Peter Windsor, qui avait pour intention de créer sa propre écurie américaine (bien qu'il soit britannique), avec des pilotes américains.
"Il y a un riche filon de talents là-bas et beaucoup de nouvelles étoiles veulent courir en F1, plutôt qu'en NASCAR ou en IndyCar," affirme Windsor au magazine GPWeek.
“Conor Daly, Josef Newgarden, Jonathan Summerton, Graham Rahal, Marco Andretti, Ryan Hunter-Reay, John Edwards, Charlie Kimball... C'est déjà une longue liste, et qui ne contient pas ceux que j'ai sans doute oublié, plus quelques-uns de très expérimentés, comme Patrick Long et Alex Gurney."
"Je suis surpris que les équipes de F1 ne viennent pas ici jusqu'à ce qu'ils aient signé un bon et jeune américain. Ce n'est qu'une question de temps avant que la F1 ne revienne aux USA, alors où est l'inconvénient d'investir dans un jeune pilote américain et d'augmenter ainsi les chances de travailler avec les entreprises américaines?"
Peter Windsor pense également à la pilote américaine Danica Patrick, qui est devenue en 2008 la première femme à gagner une course d'IndyCar, mais qui a également réussi à se classer troisième lors des célèbres 500 miles d'Indianapolis l'année suivante, en 2009.
"Pourquoi personne n'a signé avec Danica Patrick il y a quelques années? C'est, pour moi, inconcevable. Elle est probablement, parmi les femmes, la meilleure pilote de monoplace dans l'histoire du sport, elle est attractive, elle travaille dur, et pourtant, personne en F1 n'a semblé la prendre au sérieux. Si BMW avait couru avec Robert Kubica et Danica ces dernières années, auraient-ils eu moins de succès? C'est sûr en tout cas qu'ils auraient vendu plus de voitures aux États-Unis ... mais c'est en supposant que l'Amérique est toujours importante pour la F1. Je suppose qu'elle l'est, mais il ne faut jamais rien prendre pour acquis en F1 ces temps-ci," ajoute Peter Windsor.