Le point de vue de Renault Sport F1 sur Monaco

mercredi 25 mai 2011 - 12h22 - Antoine Le Gall.
Le circuit urbain de Monte Carlo est très exigeant pour les pilotes, les équipes et les moteurs qui cherchent à optimiser leurs paramètres pour négocier les rues tortueuses et bosselées de la Principauté...


En 2010, à Monaco, le podium était 100% Renault...


La vitesse moyenne sur le parcours de la course est la plus faible de la saison, 160 km/h seulement, avec une vitesse de pointe légèrement supérieure à 290 km/h.

Voici un tour du circuit de Monaco avec Renault Sport F1...

Secteur un:
Le sprint jusqu’au premier virage depuis la pole position est le plus court de la saison: 140 mètres uniquement. Le détenteur de cette pole mettra quatre secondes environ pour couvrir la distance, ce qui ne permettra pas un usage complet du KERS. Les pilotes freinent ensuite jusqu’à 105 km/h pour le premier virage de Sainte Dévote avant de rapidement remettre de la puissance pour la courte montée de Beau Rivage jusqu’à la Place du Casino. Un moteur réactif est primordial ici et les cartographies moteur seront conçues pour fonctionner avec des rapports de boite courts pour atteindre le régime moteur maximal au sommet de la côte. Le KERS pourrait effectivement être utilisé sur cette «ligne droite» pendant la course, mais ses effets seraient annulés par la forte pente menant de Sainte Dévote au Casino – les voitures absorbent un dénivelé de plus de 30 m en 10 secs seulement.

Secteur deux:
Ce secteur est particulièrement cahoteux et les voitures roulent hors trajectoire dans la descente du Casino vers Mirabeau pour éviter une bosse relativement imposante. Sur celle-ci, il ne s’agit pas que d’une question de déséquilibre – passer en plein milieu fait temporairement "décoller" la voiture, mais même s’il ne s’agit que d’une nano seconde, sans charge au niveau des roues le moteur atteint sa limite de régime, ce qui soumet les pièces internes du moteur à un énorme stress.

De Mirabeau les voitures plongent vers l'épingle du Grand Hôtel (anciennement appelé l'épingle du Loews), atteignant ici leur vitesse et leurs tours/minute les plus bas de toute la saison, 44 km/h seulement dans cette courbe très serrée. Le couple et la réactivité du moteur sont ici cruciaux car les vitesses d'entrée et de sortie peuvent faire gagner ou perdre un nombre substantiel de secondes. Le pilote doit être certain que quand il met son pied sur l'accélérateur le moteur réponde à son injonction.

Les voitures prennent ensuite un virage à droite pour entamer la section la plus rapide du circuit – celle du tunnel, où les voitures atteindront leur vitesse maximale et la limite haute de leur régime moteur pendant environ huit à neuf secondes. Encore une fois, un moteur nerveux ayant les bonnes cartographies pour les bas régimes est déterminant pour bien réaccélérer - il n’y a que 670 m entre la sortie du Portier jusqu’à la chicane après le tunnel. Les voitures rouleront à environ 290 km/h à l’endroit le plus rapide de cette section. En théorie, le KERS pourrait être utilisé ici, mais surtout pour défendre une position plutôt que pour dépasser - rouler hors trajectoire ici est sérieusement ‘casse-cou’.

Alors que cette partie du tunnel offre une bouffée d'oxygène appréciée par le moteur lorsqu’il atteint sa vitesse de pointe, il ne s’agit pas d'air pur - la structure fermée du tunnel signifie que l'air arrivant dans le moteur via la boîte à air est aussi chaud que les températures ambiantes observées en Malaisie ou à Abu Dhabi.

Secteur trois:
La dernière section entre le Tabac et la ligne d'arrivée comprend la plus grande quantité de virages et exige donc un moteur très réactif et souple. Les pilotes ont besoin de savoir que le moteur va fournir toute la puissance nécessaire dont ils auront besoin afin qu'ils puissent être au millimètre près dans les courbes de la piscine et de la Rascasse puis sur la ligne droite finale.

Communiqué Renault Sport F1.

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